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La charte des collectifs d’AC !

mise à jour en mai 2002

vendredi 7 juin 2002, par le réseau d’AC !

Ci-dessous une courte introduction de la charte du réseau des collectifs d’AC ! suivie des documents intégraux (motions, principes de fonctionnement...) dans diférents formats.


CHARTE AC ! 2002

Adoptée lors des assises exceptionnelles des 25 et 26 mai 2002

Bref historique
C’est en octobre 1993 qu’est lancé le 1er appel par 150
syndicalistes, responsables associatifs, chercheurs et d’autres
personnes pour la constitution d’AC !

Extraits de l’appel initial d’AC ! Octobre 1993

En finir avec la résignation et l’exclusion, pour une autre
répartition du temps de travail et des richesses, pour créer
des emplois, changer de logique.

Les signataires de l’appel proposent d’aider à la coordination
des initiatives contre le chômage pour constituer un
large mouvement avec trois objectifs principaux :

— Renforcer la solidarité concrète entre salariés et chômeurs
en reconnaissant et en soutenant les organisations
de chômeurs en favorisant leur représentation et en aidant
la création de lieux d’information d’entraide…

— Débattre ensemble sur les questions de fond que la lutte
contre le chômage oblige à poser.

— Rassembler, agir pour une réduction du temps de travail
et dans l’immédiat d’une loi-cadre…

Il faut pour cela, faire converger les efforts syndicalistes,
associatifs.

Depuis de nombreux militants ont investi ce cadre par des
actions massives (marches convergentes sur Paris 1994,
pour une Europe sociale à Amsterdam 1995, Cologne 1996,
manifestations nationales contre la réforme de l’assurance chômage
en mars 1996, mouvement de l’hiver 1997/98), par
des actions symboliques (occupations, réquisitions d’emplois,
de nourriture). AC ! s’est fait un nom. A travers ses
travaux en assises, lors de marches européennes, lors des
actions, des textes ont été écrits et enrichissent notre réflexion : "Motion revenu" octobre 1995, "Appel des sans"
de décembre 1995, contribution revendicative des marches
européennes de février 1997, "Appel du Louvre" décembre
1997, "Plate forme de Bruxelles" avril 1998…

La nécessité de réactualiser la charte de 1994 est apparue
car la composition d’AC a évolué et sa réflexion aussi. Les
chômeurs et précaires y ont pris une place prépondérante.

L’identité d’AC ! (Agir ensemble contre le
chômage, la précarité et les exclusions)

Nous sommes un mouvement rassemblant des chômeurs,
précaires, salariés et organisations solidaires en lutte contre
le chômage et contre la précarisation de l’ensemble de la
société. AC ! regroupe des femmes, des hommes de tous
ages, de tous horizons et des toutes nationalités. Nous
sommes un ensemble de collectifs organisés en réseau sur
l’ensemble du territoire. Le principe de l’autonomie régit les
collectifs et/ou associations qui adhèrent à AC !.

Il n’est pas question de nous engager dans la cogestion de la
précarité, ni dans la voie caritative. Nous refusons une répartition
des richesses qui fait les riches toujours plus riches
et les pauvres toujours plus pauvres.
AC ! se veut un lieu de solidarité, de pratique et d’apprentissage
d’une réelle démocratie. Nous nous battons contre
toute discrimination quelle qu’elle soit : nationalisme, intégrisme,
racisme, xénophobie sexisme, préférences sexuelles,
qui sont des instruments du patronat pour assurer sa
domination. Notre volonté de fédérer tous ceux et celles qui
le souhaitent est intacte. Notre détermination exclut tout
sectarisme et tout dogmatisme.

Aucune fatalité

Depuis 25 ans, il y a un chômage structurel qui avoisine les
10% de la population active. Chômeurs et précaires vivent
tous les jours le fait qu’il n’y ait pas d’emploi salarié pour
tous. Nous agissons ensemble parce que nous sommes
convaincus qu’il n’y a aucune fatalité à la situation présente.
Le capitalisme, qu’on l’appelle libéralisme, néolibéralisme,
mondialisation ou globalisation, mène une véritable guerre
contre les populations de notre pays, mais également dans
tous les pays. Cette guerre à un objectif, accroître les profits.
Une des armes : le chômage. Une conséquence : de
terribles désastres humain, social et écologique.

La précarisation de la vie

L’insécurité, c’est d’abord le chômage et la précarité qui peu
à peu devient la nouvelle norme du salariat. Les politiques,
convertis au libéralisme, accompagnent cette évolution. Les
droits et acquis collectifs des salariés et chômeurs sont
remplacés par le contrat individuel tels le PARE et le PAP.
Ce sont les premières étapes de la remise au travail forcé
précaire en ce qui concerne les chômeurs et Rmistes. Le
chantage à la survie économique permet le contrôle social
et l’intrusion dans la vie privée : c’est ainsi que l’utilisation
du temps et de l’argent, la vie amoureuse, les conditions de
logement, les projets professionnels, la formation, sont sous
contrôle.

Victimes de la précarisation du travail et de la vie, nous
refusons la culpabilisation. Ni marchandises à la disposition
du patronat, ni voués à la soupe populaire, nous sommes
des individus différenciés, avec nos projets et nos désirs.

Un emploi, c’est un droit, Un revenu, c’est un dû !

AC ! se prononce pour un réel partage du temps de travail
avec la création de nouveaux emplois stables et socialement
utiles, pour un renouveau des services publics et s’associe
aux luttes contre les licenciements.

Nous affirmons que la satisfaction des besoins de toute la
population requiert l’intelligence et l’activité de tous et toutes.
Notre conception du travail ne se confond pas avec
l’emploi tel que le capitalisme décide de l’organiser. La mise au chômage complet ou partiel représente pour une
majorité d’entre nous une vraie spoliation.

En effet, comment peut-on accepter que la France, un des
pays les plus riches au monde, laisse de côté un quart de la
population contrainte à mendier auprès des services sociaux.
Si la société ne peut ou ne veut donner du travail,
alors qu’elle donne la possibilité de vivre.

Être au chômage ou en situation de précarité, ce n’est pas
seulement une question de carence de travail mais surtout
un problème de manque de revenu. Nous affirmons qu’avec
ou sans emploi chacun doit pouvoir bénéficier d’un revenu
au moins équivalent au SMIC mensuel.

Ces deux revendications : partage du temps de travail et
revenu garanti pour tous n’étant pas obtenues, AC ! développe
une première séri e de revendications qui permettent à
chacun de satis faire ses besoins sociaux fondamentaux : se
nourrir, se loger, se soigner, s’éduquer, se déplacer, se divertir
et cela quelle que soit sa situation vis-à-vis de l’emploi.
Confrontés quotidiennement à la précarité, nous exigeons
en urgence la revalorisation conséquent e des minima sociaux
et le droit au revenu pour les jeunes dès 16 ans.

La revendication d’un revenu garanti au moins équivalent
au SMIC mensuel pour tous et toutes doit permettre de
sortir de la pauvreté et de la précarité. Obtenir un revenu
offre à chacun(e) la possibilité de refuser les bas salaires.
Elle n’est pas une fin en soi mais s’inscrit dans la lutte pour
la revalorisation des salaires et contre la précarisation du
travail.

Pour une autre société

AC ! veut orienter le choix de société dans un autre sens
pour tous vivre mieux dans une société plus juste, plus
solidaire et plus humaine. Nous voulons imposer une autre
logique : celle des droits et des besoins. Force est de dire
que nous menons une lutte anticapitaliste. Ce système ne
nous montre qu’une volonté de destruction des vies humaines
et de l’équilibre écologique de la planète. Leur logique
n’est pas la nôtre.

Nous pensons que des débats à l’échelle de toute la société
doivent s’engager pour choisir d’autres modes de production,
une autre forme d’organisation du travail, une autre
répartition des richesses. Il faut inventer des solutions nouvelles
qui fassent de l’exigence incontournable d’avoir une
place dans la société pour tous et toutes, un autre partage
des richesses.

Sur la base de notre critique d’une autre répartition du travail,
nous engageons une réflexion sur l’évolution du travail
salarié et du productivisme. Les débats sur ces thèmes sont
présentés en annexe.

Rassembler nos forces pour défendre nos
droits, et en conquérir de nouveaux

Nous sommes une organisation réellement décidée par les
premiers concernés : chômeuses, chômeurs, précaires et
travailleurs pauvres. Nous agissons donc avec les associations,
les collectifs syndicaux et les collectifs auto-organisés
qui partagent nos objectifs. Nous contribuons à
mettre en place des lieux collectifs où peuvent se nouer des
solidarités concrètes, d’entraide et de revendication.

Nous voulons que les chômeurs et précaires puissent être
présent partout où se décide leur sort.

Nous devons utiliser la richesse de notre mouvement et agir
ensemble parce que, quelles que soient nos différences, ce
qui nous rassemble est bien plus fort que ce qui nous divise.

Dans nos différentes actions nous prenons les moyens pour
que chacun et chacune puissent trouver sa place ; La discussion
collective dans la préparation et dans les bilans est
donc indispensable.

Bien au-delà des frontières

Notre action serait vouée à l’échec si elle restait confinée
entre les frontières françaises. Dans les pays du Sud : surexploitation,
misère, intervention militaire et colonialisme,
chez nous : exclusion incarcération, psychiatrisation. La
solidarité et les luttes internationales sont plus que jamais
nécessaires face à un capitalisme qui, lui, s’est depuis longtemps
organisé à l’échelle de la planète.

Les capitaux et les marchandises se déplacent au gré de
leurs intérêts propres et contre celui des populations. Chacun
doit pouvoir se déplacer et s’installer librement, quelle
que soit sa nationalité. AC ! est solidaire de toutes les luttes
d’émancipation et en particulier celles de tout les "sans" :
sans papiers, sans logement, etc.

Éthique

Nous devons créer dès maintenant les conditions d’une
trans formation sociale radicale qui s’appuie sur des modes
de fonctionnement réellement démocratique.

Notre tache est immense et passionnante à la fois. Il n’existe
pas de modèle, c’est à nous de construire. Ce mode de fonctionnement
doit démontrer sur le terrain qu’il est réalisable.
La communication, à l’intérieur d’AC !, mais aussi vers
l’extérieur, doit être privilégiée.

Nous réaffirmons ici notre attachement à la démocratie,
l’égalité sociale, la solidarité, et au respect des droits collectifs et individuels.
Des réflexions et débats sur ce thème sont en cours et présentés
en annexe

Ce texte se voudrait être une base commune d’orientation et
d’adhésion. Elle n’a de sens qu’enrichie par les différent es
analyses, luttes et pratiques de chaque collectif.

L’appel initial de 1993 à l’origine d’AC ! est en annexe, ainsi
que la « Motion revenu » d’octobre 1995 et le texte intitulé
« Principes de fonctionnement » adopté lors des assises
d’octobre 1998.

La signature de la charte et des principes de fonctionnement
sont un préalable à l’utilisation du sigle d’AC ! et à la constitution
d’un collectif reconnu par tous. Ceci s’applique aux
nouveaux collectifs mais également aux anciens.
*****


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