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Réquisition àMonoprix !

Ile de France

jeudi 30 décembre 2004, par AC ! Ile de France

Aujourd’hui, 30 décembre 2004, une cinquantaine de chômeurs, d’intermittents, de précaires, de sans-papiers, ont investi les locaux du Monoprix de la rue Lévis àParis (17ème) afin de réquisitionner les marchandises (nourriture, boissons, couche-culottes, etc.) dont le trop faible montant, l’amputation ou l’absence de droits sociaux et de revenus les prive.

Ils sont ainsi ressortis de l’établissement de grande distribution avec une quinzaine de caddies garnis de mets, de saveurs et de matériel.


Ensemble et pas sans rien !

« Les richesses qui nous amollissent embelliront la vie lorsqu’elles seront des biens communs ; les privilèges qui gâtent leurs détenteurs les ennoblirons lorsque ce seront des droits. Lorsque la rareté cessera de conférer une valeur supérieure aux choses de peu d’importance, notre espèce cessera-t-elle aussi de les confondre avec d’autres, dont la valeur ne tient pas au hasard, et la formule d’Horace : VIRTUS POST NUMMOS !
Carl Gustav Jochmann. [1]

Le 4 décembre dernier, comme des milliers de chômeurs, précaires et d’autres salariés nous avons manifesté contre la précarisation de nos vies àl’appel de différentes associations, coordinations et syndicats. Cette manifestation pour un autre partage des richesses indiquait la convergence en cours des luttes des premiers concernés.

On a la dalle : Justice sociale !

Alors que tous les indicateurs de pauvreté explosent - on en créerait même un nouveau -, l’Etat continue de généraliser et gérer la pauvreté au lieu de la combattre. Le programme du gouvernement et du MÉDEF est clair : précarisation des droits du plus grand nombre ; baisse des revenus des salariés : salaires, pension de retraites, disparition programmée de l’ASS, allocations chômage et minima sociaux toujours plus soumis au risque de suspension, intermittents pourvus d’allocations dérisoires ou éjectés du régime d’assurance chômage ; développement de l’emploi obligatoire payé un demi-SMIC mensuel (Loi Borloo) au nom de l’insertion, 1,5 % seulement de revalorisation des misérables minima sociaux, développement du contrôle des chômeurs, de l’emploi précaire, remise en cause du Code du travail, la litanie des mesures de pure violence sociale organisée contre nous est décidément bien longue.

Soyons clairs : nous ne laisserons pas faire !

Pour 2005 : nous connaissons déjàune partie de leurs projets : « réforme  » de la Sécu, allongement de la durée du travail. D’autres attaques risquent de survenir, en particulier àl’occasion de la renégociation par les partenaires sociaux de la convention d’assurance chômage qui régit l’UNÉDIC.

Un autre partage des richesses produites par tous devient vital.

Les salariés de la grande distribution qui se voient imposés l’annualisation d’un temps d’emploi flexibilisé, ceux de H&M en grève expulsés par la police, ceux de Pizza-hut soumis àdes conditions de travail dangereuses, ceux des supermarchés, corvéables àmerci parce qu’ils doivent tout faire pour garder leur emploi et compléter un salaire insuffisant par des heures supp, sont payés aux abords du SMIC horaire par des entreprises ultra bénéficiaires. Ces entreprises réalisent une bonne part de leur chiffre d’affaires àl’occasion de fêtes de foin d’années auxquelles nombre d’entre nous ne participerons que très chichement ou pas du tout.

Voilàpourquoi, prenant ensemble, solidaires, ce droit àla joie qui nous est refusé, nous organiserons un réveillon de lutte et une redistribution de biens avec des sans-papier-es en lutte.

Avec d’autres organisations de chômeurs de précaires, d’intermittents, de salariés, nous donnons rendez vous àtous les concernés,

- Mercredi 5 janvier à14 h àl’UNÉDIC, lors de son premier conseil d’administration en 2005
au 80 rue de Reuilly, 75012 Paris, M° Montgallet,
- Pour exiger l’indemnisation de toutes les formes de chômage en vue de laquelle nous revendiquons l’ouverture de réelles négociations avec l’ensemble des concernés.

Assez de cette société d’inégalités et de misère !
Ce que nous défendons, nous le défendons pour toutes et tous.

Collectif caddies libres du 30 décembre 2004.

Notes

[1« Les sous d’abord, la vertu ensuite !  ».


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