université des mouvement sociaux et des solidarités du 24 au 28 août 2021 à Nantes

mercredi 15 septembre 2021
par  Alain Véronèse

L’université des mouvement sociaux et des solidarités du 24 au 28 août 2021 à Nantes a regroupé près de 200 ateliers thématiques. AC ! Avec 2 interventions à apporté une modeste contribution aux multiples débats.

Jeudi 26 le matin et l’après-midi. Deux lieux distincts, participants différents.

1- La précarisation du travail, ses luttes et ses revendications. Coordonné par Françoise Clément.

Atelier 1. Politiques et alternatives : Rtt,… relocaliser, décroissance,…
Intervenant : Sophie Béroud (chercheur). Politiques de précarisation de l’emploi, Pierre Garnodier (CNTPEP-CGT) ; réduire et réévaluer le temps de travail, Alain Véronèse (AC !).

Les interventions en présentiel et en visio. Les questions et compléments des auditeurs ont été enregistrés.

2 – Vers une sécurité sociale universelle. A l’initiative du MFRB (Mouvement Français pour un Revenu de Base).
Le revenu de base comme outil de la protection sociale élargie et comme outil de justice sociale au service de la la transition écologique. Après-midi : étude sur le revenu universel et la transition écologique. La contribution d’AC ! L’après-midi.

Les deux interventions d’AC ! en PDF…
A.V.

Deux interventions d’AC ! Agir ensemble contre le chômage ! Jeudi 26 août. Matin et après-midi.

1- La précarisation du travail, ses luttes et ses revendications. L’intitulé de cet atelier.

. Réduire et réévaluer le temps de travail par AC !

Brève présentation d’AC ! Historique, renvoi au site […]

Près de 30 ans d’existence et malgré notre activisme, qui fut fort intense durant plusieurs années, les choses de s’arrangent pas. Bien au contraire !
Pourtant nos 2 revendications de base, fondamentales restent d’actualité.
. Réduction du temps de travail, 32 h hebdomadaires,
. Allocations chômage au niveau du Smic minimum.
Compte-tenu de ce qui se prépare pour octobre (je vais y revenir), disons que nous étions en avance et que nous n’avons pas été immédiatement compris…
Aujourd’hui les 32h, la semaine de 4 jours sont plus urgentes qu’il y a 30 ans compte-tenu des gains de productivité. De fait la rtt a lieu tous les jours, mais elle prend l’aspect socialement nocif d’une croissance du chômage.
Le camouflage (pour tenter de sauver l’idéologie du travail) que sont les « boulots de merde », les bullshit jobs débusqués par David Graeber, le servage nouveau des « ubérisés » et autres domesticités salariées (André Gorz),… travestissements et mensonges ne font plus guère illusion…
[… Brève référence à l’argumentaire justifiant le Smic minimum.].

Dans nos tracts récents (2021), nous avons ajouté la retraite à 55 ans pour toutes et tous. Une réduction du temps de travail à l’échelle de la vie et libérations d’emplois pour les générations montantes. Le contraire exactement de ce qui se prépare.
Le revenu de base(rdb) modalités MFRB a retenu notre attention, mais il faut dire qu’il ne fait pas l’unanimité parmi nous… [Définition du rdb].
Le rdb (niveau du Smic pour AC !)) est explicitement revendiqué comme associé, comme incitation, financement du partage du travail, i.e. la rtt.

En octobre, ça va faire mal. C’est étudié pour.
Pour les libéraux le chômage est toujours plus ou moins volontaire puisqu’il suffit de traverser la rue pour trouver de l’embauche selon E. Macron.

Quelques chiffres pour évaluer le pognon de dingue que constitue l’ARE (Allocation pour Retour à l’Emploi).
Moins de la moitié des demandeurs d’emploi sont indemnisés par l’Unédic et pour un montant moyen d’environ 1000 euros mensuels.
La durée maximale esr de 2 années, 3 pour les plus de 53 ans. Après l’ARE on obtient au mieux l’ASS (Allocation de Solidarité Spécifique) ou le RSA légèrement supérieurs à 500 euros mensuels.
Des chiffres souvent méconnus du grand public, à faire connaître ; le chômage n’est vraiment pas une sinécure…
Hors le camouflage (chômeurs catégorie A), un taux de chômage de 13 à 14 % de la population active est sans doute proche de la réalité pour cette fin d’année.

Plus le chômage augmente, plus les chômeurs ont maltraités. Logique… un chômage important c’est tout bon pour le patronat…

L’accès aux maigres allocations va devenir dès octobre encore plus ardu : jusqu’à cette date c’était plus »compréhensif » : était pris en compte 4 mois de travail sur 28 mois, en octobre (si ça passe tel que prévu), ce sera 6 mois sur 24 mois.
Cela va provoquer l’élimination de milliers de chômeurs (privés d’allocations), les jeunes notamment qui de petits boulots en petits boulots alternent emplois et chômage.
Macron et ses amis entrepreneurs du Médef parlent d’incitation quand ils réduisent les maigres revenus des chômeurs.
Ses prédécesseurs libéraux étaient moins hypocrites.
Mandeville l’auteur de la célèbre « Fable des abeilles » ((1714 et réédition 1719) était plus clair : les pauvres devaient pratiquement crever de faim, afin qu’il soient obligés de revenir chaque jour au travail.
Un autre libéral influent, John Locke (1632-1704) voulait instituer une police des pauvres pour les punir de leur paresse…
Le discours des néolibéraux « modernes » est à peine différent. Pôle emploi vient d’embaucher plusieurs centaines de contrôleurs.
Le pire n’est pas certain : il va falloir se mobiliser en octobre. La Cgt prépare l’artillerie lourde m’a-t-on dit… AC ! Sera au premier rang des manifs en préparation. Il va falloir retarder

Les premiers de cordée
Les dirigeants du CAC 40 qui s’octroient une gratification de 5 millions d’euros. Le CAC 40 est au plus haut malgré (ou grasse à…) la crise sanitaire.
Les hyper-riches nous disant avec Macron qu’il suffit de traverser la rue pour trouver un emploi. Affamés un peu les chômeurs vont-ils devoir traverser la rue pour… faire le trottoir ? Pour la plus grand plaisir du patronat libéral cynique… Les premiers de cordée ont leur petits plaisirs qui rapportent gros.

La révolution numérique
Rtt, revenu à minima décent, pour toutes et tous, retraites à 55 ans,… des revendications logiques qui vont dans le sens d’un véritable progrès social.
C’est contre cette logique de progrès social que se mobilisent – avec un certain succès – les néolibéraux contemporains.
Nous pouvons observer en actes les 3 principes mis en en branle par les libéraux. (Présentation rapide, schématique, dans la discussion vous pourrez apporter les compléments nécessaires…).
. dérégulation,
. privatisations,
. fiscalité favorable aux hyper-riches.
Application studieuse du traité de Maastricht, observance du credo de l’Union Européenne… Au passage, rappelons que 55 % des français avaient voté contre ce traité. Simagrées et trahisons ont conduit au traité de Lisbonne…
La dérégulation-privarisation c’est la destruction-libérale des services publics, EDF, SNCF, GDF,… l’hôpital avec tarification à l’acte n’échappe par à une logique gestionnaire privée… La dérégulation c’est aussi l’effritement programmé des garanties salariales, plein temps CDI , horaires fixes ,… l’ubérisation c’est le retour à la vie au jour le jour...
La suppression de l’ISF et des fiscalités décroissantes accordées aux entreprises. Fiscalité favorable aux riches…

La révolution numérique ( qui est globalement destructrices d’emplois, j’en dirais deux mots…) est, avec de puissants ordinateurs dotés de subtils algorithmes ce qui permet la « tarification dynamique ». (Linky et Gaspard…).
Par exemple le prix d’un billet SNCF Paris-Bayonne peut varier du simple au quadruple… le retour n’est pas au même prix que l’aller… on s’accoutume à de telles anomalies...
Robotique, informatique, intelligence artificielle,… chaque jour la besoin de main-d’oeuvre humaine, de « travail vivant » diminue. Les gains de productivité sont conséquents… combien reste-t-il de caissières dans votre super-marché ? Combien d’ouvriers dans les usines automobiles pour une production croissante ?
Pour faire court sue ce point fondamental, une courte citation d’André Gorz, un auteur fort recommandable, dans « Bâtir la civilisation du temps libéré »(éd.LLL) il écrit (p.30) : « Cette désintégration [de la société salariale] renvoie à un problème de fond : que doit être une société dans laquelle le travail à plein temps de tous les citoyens n’est plus nécessaire, ni économiquement utile ?
Question d’époque. Il nous faut réévaluer sérieusement la « valeur travail »…

L’édifice libéral est en danger,
miné par les évolutions productives (la « disruption » numérique), l’irrépressible chômage de masse, les dégâts environnementaux de la croissance mortifère qu’exige l’accélération des profits. Les classes possédantes ont senti le danger, mais toujours elles préféreront « le risque d’une fin effroyable à un effroi sans fin... ».
Pour faire perdurer la « valeur travail » pierre angulaire de l’édifice, les néo-libéraux amputent tout ce qui permettait de réduire, relativiser la contrainte salariale de revenu : tarifs en hausse (EDF, GDF ? SNCF,… nous l’avons vu), diminution drastique des allocation chômage, calcul à la baisse des allocations logement, désengagement de la sécurité sociale, hausse des mutuelles… dérégulations, privatisations de nouveau,…

La semaine de 15 h programmée dès 1930
par J.-M. Keynes, il la voyait aux alentours de l’an 2000, nous y sommes.
Et la « valeur travail » fait un retour en force ! Incompréhensible, dangereux.

Dans les années 70, on lisait « L’allergie au travail » et « Travailler 2 h par jour » du collectif Adret. De quelle année date l’An 01 ? Il était question de mettre l’imagination au pouvoir...

Sans doute aujourd’hui, nous faut-il faire un effort d’ écologie mentale pour échapper aux lendemains douloureux que nous préparent les amis de Monsieur Macron.

Alain Véronèse.

… Second atelier.

2 - Vers une sécurité sociale universelle

A noter : en matinée une première partie : « La protection sociale du XXIè siécle » était organisée autour du livre du Guy Valette, éditions Utopia.

L’après-midi avait pour titre :

Etude sur le revenu universel et la transition écologique, au travers de enjeux de solidarité et de justice sociale pour demain.

Je suis intervenant pour AC !

Dans le registre de l’écologie et de la transition écologique à AC ! Nous essayons de pratique l’écologie mentale pour penser la transition économique, écologique et culturelle.
Depuis plusieurs décennies nous sommes partisans d’une réduction féroce du temps de travail, les 32 h comme première étape. En attendant le plein emploi, une indemnisation au minimum décent, le Smic nous paraît indispensable (j’en ai déjà parlé…).

Travailler moins pour travailler mieux et produire autrement
Il nous faut examiner l’utilité réelle de certaines productions. Nous somme partisans de la production de valeurs d’usage durable. L’abondance jetable des marchandises à obsolescence planifiée n’est pas écologique (déchets, emballages plastiques qui polluent les océans,…), du point de vue mental nous nous exerçons à résister au mimétisme snobinard du dernier smart phone, du coupé sport à propulsion électro-nucléaire,… Si ça dure plus longtemps, les frigos, les gazinières, les télévisions,… nous pourrions produire moins et travailler moins, vivre mieux en dépensant moins,…. Écologie physique et refroidissement mental…

Reconsidérer la richesse
On entend souvent dire : « il faut partager les richesses ». Oui, mais auparavant il est nécessaire de réévaluer, reconsidérer la richesse la richesse. Le revenu de base ne doit pas servir à consommer plus, mais être une incitation à travailler moins et produire moins et mieux. Précisons :à partir d’un certain niveau de revenu, les 9 millions de personnes qui sont sous le seuil de pauvreté (1000 et quelque euros mensuels), tous ceux qui dépassent de peu le Smic gagneront justement du pouvoir d’achat avec le revenu de base (cumulable, je le rappelle…).
Deux auteurs (autrices ?) deux femmes ont écrit sur cette question (Dominique Méda « « et Juliet Schor « « ). Sont « valorisés » les aspects non monétaires de la richesse : le temps libre (libéré du travail , dirait André Gorz), un environnement de qualité, des relations de voisinage, sympathiques, conviviales, le plaisir d’arroser les géraniums sur le balcon, d’aller chercher les carottes dans le jardin,…
En travaillent moins, on prend plus de temps pour faire la cuisine, finis surgelés du super marché, moins de transport avec, par exemple la semaine de 4 jours,… préservation de la planète et relaxation du mental.

La valeur travail
L’écologie mentale est ce qui permet (permettrait si…) de sortir du fétichisme de la valeur travail (tant du point de vue économique que du point de vue moral). En travaillent moins on peut penser mieux, le temps libéré peut-être consacré à la participation à la vie de la cité, à la politique au quotidien.

On pourrait - en travaillant mois pour cogiter mieux - trouver le temps de prendre connaissance de toute une littérature qui remet la travail à sa place, qui pourrait être marginale.
J’ai déjà cité Keynes, Gorz, Méda, Shorr,… penons le temps de lire « Le manifeste contre le travail » du groupe Krisis, et pour être vraiment moderne puisons dans l’antique : « L’éloge de l’oisiveté » de Sénèque.
Le temps libre est potentiellement révolutionnaire… travaillons nos potentialités en nous accordant des loisirs-otium émancipateurs. Nous sommes proches, il est vrai d’une décroissante enrichissante...

Un point de vue qui se discute. Discutons.

A.V.


Documents joints

interventions d'AC !
Intervention d'Odile Merckling pour le (...)

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Avocat de son état, (...)

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Enquête sur la violence économique Benoît Collombat et Damien Cuvillier Editions Futuropolis
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